Logo Brainbox Logo brainbox

Comment assainir son installation sanitaire ?

Résumez cet article avec l’IA

Par Jean Dupont·Mis à jour le ·7 min de lecture

Résumé immédiat

  • Assainir une installation sanitaire, c’est collecter, traiter et évacuer les eaux usées de la maison : raccordement au réseau public quand la commune est équipée, ou système d’épuration individuel (SEI) en zone autonome.
  • En Wallonie, le choix suit le zonage d’assainissement : raccordement obligatoire en zone collective, SEI obligatoire en zone autonome, gestion publique confiée à la SPGE depuis 2018.
  • La démarche passe par l’étude de filière, la déclaration de classe 3 auprès du fonctionnaire technique communal, puis les travaux.
  • Un entretien régulier (vidange, gestes simples, adoucisseur, entretien du chauffage) garde l’installation saine et fonctionnelle.

Dans tout projet de construction ou de rénovation d’habitation, il est primordial de connaitre installations sanitaires et de prévoir des travaux d’assainissement y afférents. Ces travaux, qui visent les appareils sanitaires, les robinetteries ou encore les pièces d’eau sont indispensables pour rendre le logement viable et confortable. Les travaux d’assainissement sont indubitablement bénéfiques pour les habitants d’une maison. Dans le cas contraire, le foyer s’expose à des désagréments conséquents et à d’importants risques sanitaires.

Cependant, l’assainissement de son installation sanitaire reste une opération délicate, qui demande une préparation minutieuse et la bonne réalisation de certains travaux précis. Découvrez comment réaliser les travaux d’assainissement de son installation sanitaire.

Comment faire les travaux d'assainissement de son installation sanitaire ?-1

Coupe d'une dalle béton posée sur un hérisson de cailloux : tranchée ouverte avec canalisations en cuivre, gaine annelée noire abritant du multicouche bleu et rouge, évacuation PVC grise, collecteur de distribution jaune au mur, sol de salle de bain carrelé avec siphon, et une fuite repérée à la loupe sur un raccord de cuivre.
La dalle réunit cuivre, multicouche et PVC : le collecteur répartit l’eau, le siphon évacue et la loupe repère une fuite à réparer.
  1. Dalle béton en coupe
  2. Collecteur de distribution
  3. Canalisations en cuivre
  4. Gaine annelée noire
  5. Multicouche bleu et rouge
  6. Évacuation PVC grise
  7. Sol de salle de bain et siphon
  8. Fuite repérée à la loupe

En quoi consistent les travaux d’assainissement d’une installation sanitaire ?

Les travaux d’assainissement d’une installation sanitaire consistent en un ensemble d’opérations visant à collecter, à traiter et à évacuer les déchets liquides, solides et les excréments, qui transitent par ses appareils sanitaires. Cette opération prévient ainsi des odeurs nauséabondes, du bouchage de tuyaux, des remontées de boue et d’éventuels problèmes d’engorgement.

Mais surtout, l’assainissement d’une installation domestique permet de prévenir le contact humain avec les déchets et des substances dangereuses, à l’origine de risques et des problèmes sanitaires majeurs.

Pour ce faire, on peut avoir recours à divers matériels, outils et techniques, à savoir :

  • les systèmes d’assainissements domestiques ;
  • les égouts ;
  • les stations de traitement d’eaux usées ;
  • l’utilisation de toilettes sèches ;
  • les fosses septiques ;
  • etc.

Quelles sont les techniques en matière d’assainissement d’installation sanitaire ?

Pour réaliser des travaux d’assainissement d’installations sanitaires, il est possible de choisir une solution parmi différents dispositifs.

L’assainissement collectif

Encore connue sous l’appellation « tout-à-l’égout », la technique d’assainissement collectif est utilisée lorsque le système sanitaire d’une maison est raccordé au réseau public. Les travaux d’assainissement, dans ce contexte, consistent en l’évacuation des déchets vers un réseau communal ou une station, où ils sont épurés et traités.

L’assainissement semi-collectif

Les travaux d’assainissement semi-collectif concernent moins les logements individuels que les complexes hôteliers isolés et les hameaux avec peu d’habitants à proximité. Ils n’impliquent pas la création d’une station d’épuration pour le traitement des déchets issus d’une installation sanitaire domestique.

L’assainissement non collectif ou individuel

Les travaux d’assainissement non collectif ou individuel d’installations sanitaires consistent en l’installation ou en la réhabilitation d’un système d’assainissement indépendant du réseau communal. Dans ce cas, le traitement des déchets issus de la consommation et de l’utilisation domestiques se fait par le biais d’un système d’assainissement spécifique, ou par la mise en place d’une fosse septique. Dans un tel dispositif, les eaux pluviales peuvent être récupérées et utilisées pour les toilettes.

Repères

Les modes d’assainissement

Collectif
tout-à-l’égoutréseau public

Raccordement obligatoire lorsque la voirie est égouttée et que la zone est collective.

Semi-collectif
petits noyauxhameaux et hôtels isolés

Sans station d’épuration dédiée aux logements individuels.

Individuel
SEIzone autonome

Fosse septique ou microstation propre au logement, hors du réseau communal.

Texte de la page et SPGE, Code de l’eau wallon.

Quel dispositif d’assainissement sanitaire choisir ?

Avant de faire des travaux d’assainissement de son installation sanitaire domestique, il est primordial de choisir parmi les dispositifs d’assainissement mentionnés. Pour ce faire, il faut avant tout se référer aux dispositions en vigueur dans sa commune d’habitation. Ensuite, pour savoir comment réaliser les travaux d’assainissement, il faut prendre en considération le zonage d’assainissement.

En se fiant à ces deux repères, il est impératif de raccorder son système sanitaire individuel au tout-à-l’égout lorsque l’on habite dans une zone d’assainissement collectif. Toutefois, lorsque l’on réside dans une zone d’assainissement individuel, il revient à chaque propriétaire de mettre en œuvre un assainissement individuel.

Dans l’ordre

Les étapes d’un assainissement individuel

  1. Zonage

    Vérifier le zonage d’assainissement auprès de sa commune.

  2. Étude de filière

    Choisir une filière autorisée : lit filtrant, tertre, filtre à coco, phytoépuration ou microstation.

  3. Déclaration

    Déposer une déclaration de classe 3 auprès du fonctionnaire technique communal.

  4. Travaux

    Réalisation par des professionnels de l’assainissement.

Wallonie.be, installation d’un système d’épuration individuelle.

Quelles sont les étapes des travaux d’assainissement ?

Pour la réalisation de travaux d’assainissement d’installation sanitaire efficaces et respectueux de la législation, il importe de passer par certaines étapes indispensables.

Réaliser des études de filière

Cette étape consiste à déclarer le système d’assainissement que l’on désire installer, lequel devant concorder avec l’une des filières de traitement autorisées par la loi.

Dans le cadre des travaux d’assainissement individuel, par exemple, les filières légales sont, entre autres :

  • le lit filtrant drainé ou non drainé ;
  • le tertre d’infiltration ;
  • le filtre à coco ;
  • la phytoépuration ;
  • la microstation à boues activées ou à cultures fixées.

Déposer un dossier de conception

À cette étape, on dépose auprès du fonctionnaire technique de sa commune une déclaration pour un système d’épuration individuelle (classe 3), à renouveler tous les dix ans. Cette déclaration est indispensable pour obtenir l’autorisation de réaliser son système d’assainissement.

Comment faire les travaux d'assainissement de son installation sanitaire ?-2

Passer aux travaux proprement dits

Pour la réalisation proprement dite des travaux d’assainissement, il est plus judicieux de faire appel à des professionnels de l’assainissement, à l’instar des vidangeurs, des éboueurs, des plombiers, etc.

Dans le cas de travaux d’assainissement individuel, en Wallonie, la gestion publique des systèmes d’épuration individuels est confiée à la SPGE depuis le 1er janvier 2018.

Entretien

Garder une installation sanitaire saine

  • Vidanger la fosseEn moyenne tous les 4 ans, ou dès que les boues atteignent 50 % du volume.
  • Verser de l’eau bouillante dans l’évierPour diluer le savon et les dépôts graisseux.
  • Ne pas verser de matières grasses dans les canalisationsNi laisser les cheveux s’accumuler dans la douche ou le lavabo.
  • Installer un adoucisseur si l’eau est riche en calcaireL’eau calcaire endommage les équipements de plomberie.
  • Poser un clapet antiretour ou un disconnecteurPour maintenir ses eaux propres et son installation fonctionnelle.
  • Entretenir le chauffageRamonage, purge et désembouage périodique.
Texte de la page, gestes d’entretien des installations sanitaires.

Comment entretenir ses installations sanitaires ?

Si la réalisation de travaux d’assainissement vise avant tout à protéger les individus et l’environnement, l’entretien régulier de ses installations sanitaires ne permet pas moins d’atteindre cet objectif. À tout projet d’assainissement doit donc faire écho un nettoyage régulier des appareils et installations individuels. Pour ce faire, divers gestes et précautions s’imposent.

Faire vidanger son installation sanitaire

Pour garder son installation sanitaire saine, il convient de la faire vidanger en moyenne tous les quatre ans. Mais, avant même d’atteindre ce nombre d’années d’utilisation, on peut procéder à la vidange dès que la hauteur des boues dépasse les 50 % du volume de la fosse de microstation d’assainissement.

Adopter de bons gestes pour ne pas boucher sa plomberie

En tant qu’installation indispensable à la circulation et à la distribution d’eau sanitaire dans une maison (salle de bain, toilettes, etc.), la plomberie sanitaire doit être rigoureusement entretenue. Pour ce faire, on peut adopter des astuces simples plus ou moins naturelles selon les habitudes de chacun, à savoir :

  • faire couler de l’eau bouillante dans son évier pour diluer le savon et les dépôts graisseux ;
  • empêcher les graisses de coller aux conduits en versant du marc de café dans ses tuyaux ;
  • ne pas laisser les cheveux tomber dans la douche ou le lavabo ;
  • ne pas verser de matières grasses dans les canalisations ;
  • etc.

Vérifier la qualité de l’eau et installer les bons équipements

L’eau et le traitement des fluides sont au cœur des travaux d’assainissement d’installation sanitaire. Pour cause : la qualité de l’eau a un grand impact sur l’état d’une installation sanitaire domestique. Pour preuve, les eaux usées ou riches en calcaire sont connues pour endommager les équipements de plomberie.

Afin de prévenir cela, il convient de filtrer l’eau ou d’installer un adoucisseur pour modifier la composition chimique de l’eau. De plus, l’installation d’un clapet antiretour ou d’un disconnecteur est également une solution pour maintenir ses eaux propres, et son installation sanitaire fonctionnelle et saine.

Entretenir ses appareils de chauffage

Bien entretenir ses appareils de chauffage, c’est aussi maintenir son installation sanitaire saine. En effet, la communication entre systèmes de chauffage et système sanitaire est constante. Il est donc primordial de procéder au ramonage, à la purge et au désembouage périodique de ses appareils de chauffage, pour éviter que leur dysfonctionnement n’influe sur l’état de l’installation sanitaire.

Nous vous recommandons ces autres pages :

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre assainissement collectif et individuel en Belgique ?

L’assainissement collectif, ou tout-à-l’égout, envoie les eaux usées vers le réseau communal et une station d’épuration. L’assainissement individuel (non collectif) traite les eaux usées sur la parcelle, avec une fosse septique ou un système d’épuration individuelle. En Wallonie, le zonage d’assainissement de votre commune détermine le régime applicable : collectif, autonome ou transitoire.

Comment savoir si mon logement doit se raccorder au tout-à-l’égout ?

Consultez le zonage d’assainissement auprès de votre commune ou de la SPGE en Wallonie. En zone collective, le long d’une voirie égouttée, le raccordement est obligatoire et se fait avec l’autorisation écrite du collège communal. En zone autonome, un système d’épuration individuelle est obligatoire.

Quelles démarches pour installer une fosse septique ou une microstation en Wallonie ?

Un système d’épuration individuelle de classe 3 fait l’objet d’une déclaration auprès du fonctionnaire technique de la commune, à renouveler tous les dix ans. Au-delà de 100 équivalents-habitations, un permis d’environnement (classe 2) est requis. La SPGE gère, depuis 2018, la gestion publique de ces systèmes.

Les eaux de pluie peuvent-elles partir dans la fosse septique ?

Non. En Wallonie, les eaux pluviales et les eaux claires parasites ne transitent jamais par le système d’épuration individuelle. Elles sont séparées des eaux usées : infiltrées sur la parcelle en priorité, puis évacuées comme eau de surface, et seulement en dernier recours vers l’égout.

Peut-on utiliser l’eau de pluie pour les toilettes ?

Oui. Les eaux pluviales récupérées en citerne servent aux toilettes et au jardin. Le circuit d’eau de pluie reste physiquement séparé du réseau d’eau potable : aucune jonction ni vanne à trois voies ne les relie. Un système de remplissage certifié ou un tuyau sans contact avec l’eau de la citerne complète l’installation.

À quelle fréquence vidanger son installation d’assainissement individuel ?

La vidange se fait en moyenne tous les quatre ans. Vous pouvez aussi la programmer dès que la hauteur des boues dépasse 50 % du volume de la fosse ou de la microstation. Un entretien régulier prévient les odeurs, les bouchages et prolonge la durée de vie de l’installation.

Un adoucisseur d’eau protège-t-il vraiment la plomberie ?

Oui, lorsque l’eau est riche en calcaire : l’entartrage encrasse robinetteries, chauffe-eau et circuits. Un adoucisseur modifie la dureté de l’eau et limite ces dépôts. On lui associe volontiers un clapet antiretour ou un disconnecteur pour protéger la qualité de l’eau. En Wallonie, un adoucisseur bien réglé garde une dureté résiduelle et s’entretient au moins une fois par an.

Ce qu’il faut retenir

1. Que doit faire un propriétaire situé en zone d’assainissement collectif ?

  • Installer une fosse septique
  • Raccorder son système au tout-à-l’égout
  • Installer des toilettes sèches
Voir la réponse

Raccorder son système au tout-à-l’égout. En zone collective, le raccordement au réseau communal est obligatoire le long d’une voirie égouttée.

2. Quand procéder à la vidange d’une microstation d’assainissement ?

  • Dès que les boues dépassent 50 % du volume de la fosse
  • Tous les dix ans uniquement
  • Seulement quand un bouchon apparaît
Voir la réponse

Dès que les boues dépassent 50 % du volume de la fosse. La vidange intervient en moyenne tous les quatre ans, ou dès que les boues atteignent 50 % du volume.

3. Où déposer sa déclaration de système d’épuration individuelle en Wallonie ?

  • Auprès de la SPGE directement
  • Auprès du fonctionnaire technique de sa commune
  • Auprès de son distributeur d’eau
Voir la réponse

Auprès du fonctionnaire technique de sa commune. La déclaration de classe 3 se dépose auprès du fonctionnaire technique communal et se renouvelle tous les dix ans.

4. Quel équipement protège la qualité de l’eau de l’installation sanitaire ?

  • Un clapet antiretour ou un disconnecteur
  • Un second compteur d’eau
  • Un robinet thermostatique
Voir la réponse

Un clapet antiretour ou un disconnecteur. Un clapet antiretour ou un disconnecteur empêche le retour d’eau et maintient l’installation fonctionnelle et saine.

Jean Dupont

Conseiller Brainbox

Brainbox est aussi disponible en France