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Installation de la réserve d’eau pour son installation sanitaire

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Par Jean Dupont·Mis à jour le ·7 min de lecture

Résumé immédiat

  • Une installation sanitaire mixte alimente la maison en eau de ville et en eau de pluie, stockée dans une citerne puis distribuée par une pompe hydrophore et un collecteur.
  • L’eau de pluie, même filtrée et traitée, reste non potable : elle convient aux toilettes, aux machines à laver, au lavage des sols, à l’arrosage et au nettoyage d’objets non alimentaires.
  • La citerne reçoit l’eau de toiture à travers un filtre nettoyé chaque mois, avec un siphon et un antiretour.
  • Selon les spécialistes, le surcoût des travaux est amorti en deux ans.
  • Règles belges : récupération obligatoire à Bruxelles (citerne d’au moins 33 l/m² de toiture), citerne imposée en Flandre pour la construction neuve, réseau de pluie séparé du réseau d’eau potable en Wallonie.

Pour l’immense majorité des gens, l’eau utilisée pour alimenter une installation sanitaire se résume à l’eau de ville mise à disposition par le fournisseur local. Certains propriétaires ou locataires de maisons individuelles ont, à raison, mis en place une cuve de récupération d’eau de pluie pour avoir une réserve à disposition afin d’arroser le jardin.

Ce système permet de faire des économies sur la consommation globale d’eau potable, mais ne constitue pas une véritable installation sanitaire écologique, à proprement parler. Or, savez-vous qu’il est possible d’installer une solution permettant de mixer l’utilisation d’eau de ville et d’eau de pluie à l’intérieur d’un même logement ?

Nous vous proposons donc d’en apprendre plus sur cette alternative permettant de concilier écologie et économies.

Comment installer la réserve d'eau potable de son installation sanitaire ? -1

Usages

À quoi sert l’eau de pluie dans la maison

  • Alimentation des toilettes
  • Alimentation des machines à laver
  • Lavage des sols
  • Arrosage du jardin
  • Nettoyage d’objets non alimentaires
Brainbox, page d’origine ; SWDE pour les usages de l’eau de pluie.
Les trois familles de cuves de récupération d'eau de pluie : cuve aérienne, cuve enterrée en coupe, cuve murale.
Trois façons de stocker l’eau de pluie, selon l’espace disponible.
  1. Cuve aérienne
  2. Cuve enterrée et flotteur
  3. Cuve murale
  4. Robinet de soutirage
  5. Descente de gouttière

Qu’est-ce qu’une installation sanitaire avec une citerne d’eau de pluie ?

Les personnes ayant la possibilité matérielle de bénéficier de l’installation d’une citerne dans laquelle de l’eau de pluie est récupérée et stockée peuvent donc envisager de mettre en place une installation sanitaire mixte, permettant d’utiliser de l’eau de ville comme de l’eau de pluie. Comme nous le verrons par la suite, l’eau de pluie, même filtrée et traitée, ne constitue pas de l’eau potable, ce qui limite son utilisation :

  • à l’alimentation en eau des toilettes, des machines à laver ;
  • au lavage des sols ;
  • à l’arrosage ;
  • au nettoyage de divers objets non alimentaires.

En dépit de cette limitation, une installation sanitaire mixte eau de ville et eau de pluie reste une source d’économies importantes, puisque les spécialistes estiment que le coût supplémentaire des travaux d’installation est amorti en deux ans. En effet, si l’on additionne le volume d’eau de ville économisé grâce à l’utilisation d’eau de pluie, il est facile de comprendre l’intérêt financier de cet équipement sanitaire.

Dans la pratique, une installation sanitaire mixte exige donc de contenir plusieurs éléments en plus d’une citerne et d’un système de récupération d’eau, sur lequel nous reviendrons par la suite de cette page.

La pompe hydrophore ou groupe surpresseur avec réservoir tampon

Une pompe hydrophore est un appareil très simple d’installation et d’utilisation, généralement livré prêt à l’emploi. Il s’agit d’une pompe hydraulique de surface qui a pour fonction de puiser l’eau de pluie dans la citerne de récupération et de l’injecter dans l’installation à la bonne pression.

L’avantage de la pompe hydrophore est de posséder un réservoir tampon dans lequel la pompe stocke de l’eau. Ainsi, en cas de besoin d’une petite quantité d’eau, l’eau est délivrée directement par le réservoir, évitant ainsi la mise en route de la pompe, ce qui augmente considérablement sa durée de vie.

Une pompe hydrophore est également composée d’un manomètre, afin de pouvoir contrôler manuellement et ajuster la pression de l’eau à la sortie de la pompe, ainsi que d’un contacteur manométrique, ou pressostat, dont le rôle est d’ordonner le déclenchement et l’arrêt de la pompe en fonction du niveau de pression. Lorsque le pressostat constate une pression trop faible, signifiant un besoin d’eau, il enclenche la pompe jusqu’à obtenir une pression suffisante et procède alors à l’arrêt de la pompe.

En toute logique, une pompe hydrophore inclut également un raccordement avec la citerne de récupération d’eau de pluie.

Comment installer la réserve d'eau potable de son installation sanitaire ? -2

Le collecteur d’eau

Contrairement à ce que son nom peut laisser penser, le collecteur d’eau ne désigne pas l’installation d’une citerne de récupération. En plomberie, un collecteur est un accessoire de connexion destiné à relier plusieurs points de distribution d’eau dans une installation sanitaire. L’eau est distribuée ou séparée dans les différents points d’eau grâce au collecteur.

Ce dispositif est donc indispensable dans une installation mixte, de façon à distribuer l’eau de pluie vers les points d’eau auxquels elle est destinée, à savoir les toilettes, les alimentations en eau des machines à laver et des robinets d’eau non potable.

Traditionnellement en laiton, les collecteurs disposent de branchements et de raccordements sans téflon, tout en conservant une étanchéité optimale.

Pour être complète, une installation sanitaire mixte eau de ville et eau de pluie doit également présenter différents filtres et un clapet antiretour, de façon à éviter tout mélange entre l’eau de ville, l’eau de pluie et les eaux usées.

Dans l’ordre

Le chemin de l’eau de pluie jusqu’au robinet

  1. Toiture

    Tuiles ou ardoise, gouttières qui acheminent l’eau.

  2. Filtre

    Il retient les impuretés avant la citerne, nettoyage manuel chaque mois.

  3. Citerne

    Idéalement enterrée et en béton, avec siphon et antiretour.

  4. Pompe hydrophore

    Elle puise l’eau et l’injecte à la bonne pression.

  5. Collecteur

    Il distribue l’eau vers les toilettes, les machines à laver et les robinets non potables.

Brainbox, page d’origine.

Repères

Les chiffres de la citerne

Aspiration flottante
10cm sous la surface

L’eau y est la plus propre possible.

Nettoyage du filtre
1fois par mois

Manuel, pour garder une eau utilisable.

Amortissement
2ans

Estimation des spécialistes pour le surcoût des travaux.

Bruxelles
33l/m² de toiture

Volume minimal de citerne prévu par la réglementation.

Brainbox, page d’origine ; Bruxelles Environnement pour le volume minimal.

Les consignes pour l’installation d’une cuve de récupération d’eau de pluie

L’installation d’une citerne de récupération d’eau de pluie repose sur un fonctionnement simple : l’eau de pluie de la toiture est récupérée par le système de gouttières puis acheminée jusqu’à la citerne.

Cependant, pour utiliser cette eau dans une installation sanitaire, il convient de mettre en place de bonnes pratiques et de respecter différentes consignes. En Wallonie, aucune jonction physique ne doit relier le réseau d’eau de pluie au réseau d’eau potable (Code de l’eau, art. D.182 §3). À Bruxelles, la récupération des eaux de toiture pour les usages non potables est une obligation, avec une citerne d’au moins 33 l/m² de toiture. En Flandre, la citerne est imposée en construction neuve, en reconstruction et en extension, et l’installation est contrôlée avant l’usage de l’eau de pluie.

Il faut, en premier lieu, disposer d’une toiture classique, en tuiles ou en ardoise, non traitée contre les mousses. Il n’est donc pas possible de récupérer l’eau d’une toiture plate (support bitumineux ou roofing) ni d’une toiture en bois. Il faut également s’assurer que la maison n’est pas située à proximité d’une source de pollution immédiate, comme une usine ou une autoroute ou une voie de circulation surchargée.

Avant de pénétrer dans la citerne, l’eau de pluie doit obligatoirement passer dans un filtre destiné à retenir les impuretés et les corps étrangers qui peuvent se trouver sur une toiture. Ce filtre à nettoyage semi-automatique doit cependant être nettoyé manuellement tous les mois pour conserver son efficacité et conserver une eau de plue utilisable. La citerne, idéalement enterrée et en béton, doit aussi être équipée d’un siphon pour éviter la remontée d’odeurs et d’un antiretour.

Le système d’aspiration de l’eau doit être flottant, de manière à pomper l’eau à 10 cm sous le niveau de l’eau, qui est l’endroit où l’eau est la plus propre possible. Inversement, le tuyau d’arrivée d’eau dans la citerne doit se situer dans le fond de la citerne, de façon à éviter de créer des remous et de mélanger l’eau de la surface avec l’eau du fond de la citerne.

Il faut également éviter toute possibilité d’entrée d’eau et de pollution accidentelle dans la citerne par ruissèlement, que ce soit au niveau du couvercle ou du filtre.

Enfin, plusieurs consignes encadrent le nettoyage éventuel de la citerne, nettoyage qui ne doit pas inclure l’utilisation de chlore et ne doit pas non plus être fait en vidangeant la citerne pour la nettoyer avec un nettoyeur haute pression.

En respectant toutes ces indications et en installant tous les équipements et appareils que nous avons cités précédemment, il est donc possible d’alimenter son installation sanitaire avec de l’eau de ville et de l’eau de pluie. Cette installation se traduit par une économie conséquente sur la consommation d’eau et par un meilleur respect de l’environnement.

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Questions fréquentes sur la réserve d’eau de pluie

Peut-on utiliser l’eau de pluie dans toute la maison ?

L’eau de pluie, même filtrée et traitée, n’est pas de l’eau potable. Elle alimente les toilettes et les machines à laver, sert au lavage des sols, à l’arrosage et au nettoyage d’objets non alimentaires. L’eau de ville reste réservée à la boisson, à la cuisine et à l’hygiène corporelle.

Quelle pompe choisir pour distribuer l’eau d’une citerne ?

La pompe hydrophore, ou groupe surpresseur avec réservoir tampon, est un appareil généralement livré prêt à l’emploi. Elle puise l’eau de la citerne et l’injecte à la bonne pression. Son réservoir tampon délivre les petites quantités d’eau sans démarrer la pompe, ce qui prolonge sa durée de vie.

La citerne d’eau de pluie est-elle obligatoire en Belgique ?

Cela dépend de la région. À Bruxelles, la récupération des eaux de toiture est une obligation, avec une citerne d’au moins 33 l/m² de toiture. En Flandre, la citerne est imposée en construction neuve, en reconstruction et en extension. En Wallonie, il n’existe pas d’obligation générale, elle s’impose au cas par cas.

Où placer le tuyau d’aspiration et le tuyau d’arrivée dans la citerne ?

L’aspiration est flottante et pompe l’eau à 10 cm sous la surface, là où elle est la plus propre. Le tuyau d’arrivée se situe dans le fond de la citerne, pour éviter les remous et le mélange entre l’eau de surface et l’eau du fond. La citerne reçoit aussi un siphon et un antiretour.

Comment entretenir le filtre et la citerne ?

Le filtre placé avant la citerne retient les impuretés de la toiture. Même à nettoyage semi-automatique, il se nettoie à la main chaque mois pour garder une eau utilisable. La citerne se nettoie sans chlore et sans vidange avec un nettoyeur haute pression, en protégeant le couvercle et le filtre contre le ruissellement.

Comment séparer l’eau de pluie et l’eau potable ?

Le réseau de pluie reste indépendant : en Wallonie, aucune jonction physique ne relie les deux circuits (Code de l’eau, art. D.182 §3). Les filtres et le clapet antiretour de l’installation mixte évitent tout mélange entre l’eau de ville, l’eau de pluie et les eaux usées. Le collecteur envoie la pluie vers les seuls points non potables.

En combien de temps une installation mixte est-elle amortie ?

Selon les spécialistes, le coût supplémentaire des travaux d’installation est amorti en deux ans. Le calcul additionne le volume d’eau de ville économisé grâce à l’eau de pluie. La durée réelle varie avec la consommation du foyer, la surface de toiture et le prix de l’eau de la commune.

Ce qu’il faut retenir sur la réserve d’eau de pluie

1. Pour quels usages l’eau de pluie, même filtrée, est-elle prévue dans la maison ?

  • Boisson et cuisine
  • Toilettes et machines à laver
  • Douche et bain des enfants
Voir la réponse

Toilettes et machines à laver. Non potable, elle alimente les toilettes, les machines à laver, le lavage des sols, l’arrosage et le nettoyage d’objets non alimentaires.

2. À quelle profondeur le système d’aspiration flottant pompe-t-il l’eau ?

  • À 10 cm sous la surface
  • Au fond de la citerne
  • À 1 m sous la surface
Voir la réponse

À 10 cm sous la surface. L’eau est la plus propre à 10 cm sous la surface, alors que l’arrivée d’eau se place dans le fond.

3. À quelle fréquence nettoie-t-on à la main le filtre avant la citerne ?

  • Une fois par an
  • Tous les jours
  • Tous les mois
Voir la réponse

Tous les mois. Le filtre se nettoie manuellement chaque mois pour garder son efficacité.

4. Quelle citerne minimale prévoit Bruxelles pour récupérer les eaux de toiture ?

  • 33 l/m² de toiture
  • 10 l/m² de toiture
  • 100 l/m² de toiture
Voir la réponse

33 l/m² de toiture. La réglementation bruxelloise demande au moins 33 l/m² de toiture (50 l/m² pour une toiture nue).

Jean Dupont

Conseiller Brainbox

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